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Histoire et Patrimoine

Le canal de Montlaur

1868 – 2008, cent quarante années séparent ces deux dates et durant toute cette longue période le canal de Montlaur n’a cessé de mettre à la disposition des sociétaires, agriculteurs ou jardiniers, l’eau nécessaire à leurs cultures notamment durant les périodes de canicule estivale. Mais pour obtenir ce résultat quelle débauche d’énergie, de pugnacité et de continuité dans l’action il a fallu déployer pour créer, entretenir et faire fonctionner cet ouvrage auquel les Montlaurais sont très attachés.

La gestation conduit à l’aboutissement d’une longue confrontation entre Hyppolite Barascud, figure politique du St Affricain, grand initiateur des projets d’irrigation dans la région, encore surnommé « le buveur d’eau » et les agriculteurs regroupés autour des édiles municipaux, rapidement fédérés en association.

La rivière Dourdou dans laquelle est prélevée l’eau du canal traverse et sépare la plaine de Montlaur en deux parties géographiquement décalées. La plaine rive droite débute en amont par rapport à celle de la rive gauche où est situé le village. Il fut d’abord question d’équiper la rive gauche pour laquelle H. Barascud obtint le droit d’eau. Les agriculteurs, soupçonnant le côté mercantile de ce projet se concertèrent pour éviter d’être grugés pendant que les propriétaires de la rive droite (souvent les mêmes) envisageaient l’irrigation de cette rive. Après de nombreux tâtonnements, l’idée germa de regrouper les deux projets. C’est ainsi qu’il fut décidé de ne créer qu’une seule prise en rivière prolongée par un canal rive droite formant tronc commun jusqu’au droit du village où il se subdiviserait en deux branches, une se poursuivant rive droite, l’autre destinée à la rive gauche après avoir franchi la rivière. Voilà bien l’obstacle, comment traverser ? Trois options se présentaient :
1 - créer un siphon dans la rivière, solution relativement peu onéreuse mais très difficile à faire fonctionner dans le temps à cause des obstructions fréquentes inévitables; elle fut aussitôt abandonnée.
2 – construire un aqueduc comme il y en existe de nombreux sur le parcours, il aurait été seulement plus important mais présentait une certaine fragilité au regard des crues de la rivière ; la solution ne fut pas retenue.
3 – créer un pont canal. Il faut préciser qu’à l’époque il n’y avait, pour franchir le Dourdou, que les ponts de Camarès et de Vabres. A Montlaur on traversait à gué ou en empruntant une passerelle piétonne qui avait la fâcheuse manie d’être emportée par les crues ! Le surcoût de l’ouvrage donna à réfléchir. Mais disposer d’un pont charretier utilisable par tous temps présentait de tels avantages que cette solution emporta l’adhésion d’autant que la municipalité décida de participer à l’investissement en aliénant la quasi-totalité des terrains communaux afin que l’ensemble des usagers puisse emprunter le pont sans avoir à acquitter de droit de péage.

En résumant on peut considérer que les tractations avec H. Barascud débutèrent en 1863 et se poursuivirent jusqu’à la création, le 7 novembre 1865, du syndicat unique regroupant rive droite et rive gauche dont l’objet était de créer le canal d’irrigation des plaines de Montlaur et d’en assurer le fonctionnement. Enfin le 1er juillet 1868, conformément à la loi du 21 juin 1865, le Préfet de l’Aveyron approuva le premier décret départemental portant création de l’Association Syndicale Autorisée (ASA) canal de Montlaur ayant pour but « d’assurer l’exécution, l’entretien et la conservation des canaux d’arrosage entrepris ou à entreprendre sur les deux rives de la rivière. »

Les travaux débutèrent fin 1865 par la création de la prise en rivière au lieudit Moulin Vieux et le creusement du canal rive droite. La construction du pont long de 74,80 m comportant 5 arches en anse de panier, incluant le passage du canal débuta le 8 juin 1867 et la dernière clé de voute fut posée en septembre 1868 pour une mise en service à la fin de cette même année. A peine 18 mois ont été nécessaires pour créer ce bel ouvrage en pierres de taille de grés rose provenant de carrières locales, à la facture particulièrement soignée.

Le canal commença à fonctionner dans sa totalité à partir de la campagne d’arrosage 1869 et l’arrêté de réception définitif, marquant son existence légale, fut approuvé le 14 mai 1870 par le préfet de l’Aveyron. Rive droite le canal se termine au rocher des Cadenettes et rive gauche au Moulin Neuf. La longueur du tronc commun est de 2,430 km, celle de la rive droite 2,520 km et celle de la rive gauche 5,410 km soit un total de 10,360 km.

Hormis une chiche subvention de l’Etat et la participation de la commune représentant à peine dix pour cent de l’investissement total, le financement fut entièrement supporté par les sociétaires qui, pour certains, durent lourdement s’endetter. La totalité des emprunts contractés auprès d’une trentaine de prêteurs privés de la région fut remboursée en 1875. Par contre le prix des terres arrosables se trouva immédiatement multiplié par deux ou trois… et leur utilisation s’adapta pour tenir compte de la nouvelle assurance anti-sècheresse. Outre l’intensification des cultures vivrières, l’irrigation permit la création de prairies artificielles et la constitution d’importants stockages de nourriture pour les troupeaux d’ovins d’où la répercussion sur la production de Roquefort et des ressources correspondantes.

Depuis sa mise en service l’exploitation du canal se poursuit sur les bases définies par l’arrêté de constitution de l’ASA de 1868. Bien que les méthodes de culture et d’irrigation aient évolué avec la mécanisation apparue après la seconde guerre mondiale entraînant une nette diminution de la quantité d’eau consommée, son utilité ne se dément pas notamment pour les jardiniers qui en bénéficient largement.

C’est ainsi qu’une assemblée de syndics, élus et renouvelés annuellement par tiers lors de l’assemblée annuelle des propriétaires, gère et assure l’entretien des installations afin que le service de l’eau soit assuré dans de bonnes conditions. Soucieux de limiter le montant des cotisations annuelles à la stricte nécessité il a été décidé, depuis une dizaine d’années, de faire appel au bénévolat pour procéder aux opérations annuelles de curage et, chaque printemps, une trentaine de volontaires s’emploie à cette tache avec beaucoup de bonne volonté et de bonne humeur. Malgré cela, quelques opérations sortant de ce cadre ont nécessité, au début des années 2000, l’établissement d’un projet conséquent de réparation et de réhabilitation d’ouvrages tout au long du parcours. Pour ce faire l’ASA a sollicité et obtenu à hauteur de 75 % le concours financier de différents organismes intéressés à la conservation du patrimoine, le solde restant à la charge des sociétaires. Les travaux sont à ce jour entièrement exécutés.

Après cette cure de jouvence nous souhaitons longue vie à notre canal !


La bataille contre les anglais

En janvier 1369, un des lieutenants du roi France, le comte de Vendôme, s’empare de Roquecésière et pénètre dans le Camarès. Pour l’en chasser, huit mois après, le sénéchal anglais Thomas de Wetehale vient lui offrir le combat. Les troupes se rencontrèrent dans les plaines de Montlaur. Les anglais furent taillés en pièces. Le sénéchal anglais tomba grièvement blessé. Transporté au château de Montlaur, il y mourut et fut enseveli dans l’église (septembre 1369). Cinquante ans plus tard, Jeanne d’Arc devait chasser définitivement les anglais de France.



Verrières

Au 19° siècle, le village de Verrières et les terres attenantes faisaient partie du territoire de la commune de Belmont ; dès 1850, les habitants de Verrières avaient demandé leur rattachement à la commune de Montlaur.

Cette requête n’aboutira qu’après 25 ans de démarches

On note par exemple que le Conseil Municipal saisi le 07 juillet 1851 donnait un avis favorable alors que le 02 août 1874 il prenait une délibération défavorable au prétexte que l’opération risquait d’être onéreuse pour la commune et que « ce n’est pas le nombre qui fait la force mais bien l’union »…

Puis, le 16 mais 1875, à la suite d’une pétition reçue par le Maire, le Conseil Municipal revenait sur cette délibération et émettait un avis favorable.
Le rattachement interviendra, enfin, le 18 janvier 1877.



Le Rougier

Il y a 250 millions d’années, la région connaissait un climat tropical et était occupée par une vaste lagune dans sa partie centrale.
Les sédiments se sont accumulés au fond sur une forte épaisseur tandis que le socle s’est enfoncé.
L’alternance de phases de sécheresse et d’inondation provoque alors l’oxydation de ces sédiments contenant beaucoup de fer (rubéfaction) et donne au sol sa couleur particulière et son nom « Le Rougier ».

Nom : Rougier de Camarès

Superficie totale : 170 000 hectares (plus grand Rougier de France)

Formation Géologique : il y a 250 millions d’années, sols gréseux, schisteux, riches en oxyde de fer (coloration rouge), érosion hydrique très importante. Paysage féerique où l’érosion modèle le relief en une multitude de petits canyons.

Relief : entre 300 et 600 m, constitué de trois unités : plaine, coteau, montagnette

Climat : contrasté sous trois influences : océanique, continental et méditerranéen.

Flore : Thym, Genêt d’Espagne, orchidées, chêne… D’influence méditerranéenne, la flore est composée d’espèces végétales rares (dû à la particularité de son sol).



Le Dourdou

Le Dourdou est une belle et grande rivière, parmi les plus poissonneuses du département.
Ses eaux, claires en temps ordinaire, prennent une couleur rouge-marron quand il est grossi par de fortes pluies.
Le Dourdou rentre en Aveyron au-niveau d’Arnac, il coule ensuite dans une vallée, se transformant en torrent par endroit…
A partir de Brusque, il se calme et coule, sur un fond de galets, dans de belles prairies cultivées.
Il traverse ainsi Camarès, Montlaur et coule ensuite vers Vabres l’Abbaye pour s’unir à la Sorgues.
Il se jette dans le Tarn.